L’Obs : un hors-série dédié à ‘’l’ère du porno’’

L’Obs : un hors-série dédié à ‘’l’ère du porno’’

Le 15 novembre, l’Obs publie un hors-série consacré au porno, s’interrogeant sur sa place dans la société à l’heure où il est facilement accessible sur internet. Le titre vendu 6,90€ propose ainsi des angles divers (historique, sociologique, philosophique, économique, …) avec les interventions de Feona Atwood, Philippe Brenot, Robert Darnton, Dr Kptote, Michaël Fossel, Agnès Giard, Patrick Marcolini ou encore Ovidie.

Il y a presque 50 ans, la pornographie est sortie de l’underground où elle était confinée depuis des siècles, pour devenir « le porno « , cet objet culturel omniprésent qui monopolise un tiers de la bande passante du Web mondial et imprègne nos imaginaires, notre sexualité, notre société. Quel est l’impact de cette banalisation sans précédent sur les rapports entre les sexes ? Sur l’image de la femme ? Sur l’équilibre des enfants ? Et sur l’avenir de la sexualité elle-même, emmenée dans un tourbillon technologique qui l’éloigne de plus en plus de l’expérience charnelle ? C’est à ces questions que ce hors-série de « l’Obs » tente de répondre, en multipliant les regards et les opinions. Sans tabou ni parti pris. « L’ère du Porno » est actuellement en vente dans les kiosques.

En 1926, quand le poète surréaliste Paul Eluard voit son premier film porno, c’est un véritable choc, une révélation qui le met en transe, il écrit à sa femme :

Le cinéma obscène, quelle splendeur ! La vie incroyable des sexes immenses et magnifiques sur l’écran, le sperme qui jaillit. Et la vie de la chair amoureuse, toutes les contorsions. C’est un ‘art sauvage’, la passion contre la mort et la bêtise. On devrait passer cela dans toutes les salles de spectacle et les écoles.

Au-delà du ravissement d’avoir « bandé d’une façon exaspérée », on le sent animé d’une exultation particulière : celle de voir enfin se profiler la fin de l’ordre moral – contre lequel se sont battus les libres-penseurs depuis deux siècles – qu’Eluard assimile à « la mort et la bêtise ».

Depuis cette découverte émerveillée, la pornographie n’a cessé de susciter enthousiasmes et réprobations, curiosité et rejet ; elle a déclenché de nombreux débats et connu de profondes mutations. Portée par la vague irrésistible de la révolution sexuelle, elle a gagné une visibilité sans précédent à partir des années 1970. D’abord violemment critiquée par certaines théoriciennes féministes comme matrice de la « culture du viol » et instrument de la domination masculine, elle a été défendue par les chercheurs du nouveau champ d’études baptisé porn studies et par la nébuleuse du « post-porno ».

Loin d’y déceler un quelconque assujettissement, ces derniers y voient un « vecteur d’émancipation » qui permet au spectateur de se constituer en « acteur autonome » de sa propre sexualité. Animés de la même fougue qu’Eluard il y a près d’un siècle, ces défenseurs ont tendance à reléguer toute critique, sinon du côté de « la mort et la bêtise », du moins du côté de la « panique morale ».

Or les mutations technologiques récentes ayant considérablement facilité l’accès au porno et amplifié sa présence dans nos vies, ces débats sont devenus brûlants. Le X en ligne, objet culturel le plus consommé de nos jours, monopolise un tiers de la bande passante du Web mondial. Le porno est aujourd’hui un phénomène si répandu que la quasi-totalité des jeunes y ont été confrontés à 13 ans. Quel est l’impact de cette banalisation sans précédent sur notre vie sexuelle ? Sur les rapports entre sexes ? Sur l’image et la place de la femme ? Sur l’équilibre des enfants ? Et sur l’avenir de la sexualité elle-même, emmenée dans un tourbillon d’innovation technologique qui semble de plus en plus l’éloigner de l’expérience charnelle ?

S’agit-il d’un phénomène ancien ou d’une invention récente ? A-t-il eu des significations semblables à toutes les époques et sous toutes les latitudes ? Entraîne-t-il la mort de l’érotisme ? Contribue-t-il à propager une épidémie d’addiction au sexe ? Jusqu’où ira l’offensive contre tous les interdits lancée en Occident il y a trois siècles par un petit groupe de marginaux qu’on appelait les libertins ? C’est à ces questions et d’autres que ce hors-série de « l’Obs » tente de répondre, en multipliant les regards et les opinions. Sans tabou ni parti pris.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *